Annonce

La prochaine rencontre du club Rouletabille aura lieu le samedi 7 Octobre à la Ludo-bibliothèque Emile-Bayard à partir de 19h00. Apéro-polar.

jeudi 23 janvier 2014

Le sourire d'ivoire de Ross Macdonald

Drapée de vison et couverte de diamants, Una Larkin envoie Lew Archer sur la piste de la jolie Lucy, sa femme de chambre qu'elle accuse de lui avoir volé ses bijoux. Mais après une journée de filature, notre détective découvre la jeune femme égorgée dans un motel miteux de la Vallée Centrale de Californie. Una volatilisée, Lucy morte, un autre détective privé sur les mêmes traces que lui : il semble à Archer que l'affaire mérite qu'il s'y attarde. Mais ne lui restent pour pistes qu'un obscur cabinet médical, un jeune fiancé désesperé et l'avis de recherche d'un riche héritier découpé dans le journal.
Une fois de plus Lew Archer devra plonger tête baissée pour démêler les secrets obscurs de la haute société californienne.

Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel W.) :


A lire comme on regarde un vieux film noir.

Une enquête du détective Lew Archer, dans la lignée de l'inspecteur Marlowe et de Mike Hammer, qui nous plonge dans la Californie des petites bourgades des années 50. 
Ambiance d'après-guerre avec shérif, petits commerces notables locaux, femme fatale, argent, hôtels miteux, gangsters et belles voitures (Chevrolet, Buick).
Ce détective est plutôt classe : respect de l'ordre, pas de casserole ni alcoolique. Un saint homme finalement...
Lew Archer, déterminé à faire la lumière sur la sale affaire dans laquelle il se trouve embarqué, va avoir fort à faire pour démêler le vrai du faux. Un vrai plaisir.
Agréable à lire; les répliques rencontrées au fil des pages sont cinglantes.

"-Dites-moi, est-ce qu'il vous arrive souvent de trancher la gorge de vos clients ? J'ai eu quelques expériences décourageantes.
-Avec des détectives ?
-Avec des êtres humains. Les détectives sont des êtres humains.
-Vous débordez de compliments ce matin madame..."

Un auteur à découvrir et une collection à compléter.

Note : 16/20

Le jugement dernier... de Stéphane Haumant

La fin du monde était un jour comme les autres. 
Des bombes sèment la terreur au Brésil, aux États-Unis, au Japon, en Inde. Pas des bombes ordinaires, mais celles du « Jugement dernier », des engins miniaturisés d'une effroyable efficacité !
Qui se cache derrière ces attentats et pourquoi sont-ils commis, causant des milliers de morts ?
Des hommes se lancent sur la piste des mystérieux coupables qui ne formulent aucune revendication : un policier américain et un journaliste français.
Comment imaginer qu ils devront remonter à un texte apocalyptique, le Codex Lucis des Cathares, pour identifier la source d un complot vieux de neuf siècles et posant une question cruciale : l'humanité a-t-elle un avenir ?


Avis d'un membre du club Rouletabille (Brigitte M.) :

Nous sommes dans un futur proche, des petits clins d’œil au monde réel nous amènent cependant, bon gré mal gré, à pousser la lecture plus en avant. La curiosité est titillée, mais elle butte sur des réparties peu originales et cousues de fils blancs donnant ainsi des personnages peu subtils. Le roman manque parfois de densité sous cet aspect.
J'ai souvent eu l'impression de lire un rapport de faits journalistiques. 
Bref, ça part en grand n'importe quoi au bout d'une centaine de pages et les invraisemblances, clichés, poncifs, s'accumulent bien qu'on ait envie d'aller jusqu'au bout. Chapitres et phrases très courts sans aucun charme. Les personnages ne sont pas attachants, il n'y a pas "d'atmosphère" et un air de déjà vu !

Note : 11/20

Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel W.) :

Enfin un auteur français et journaliste (présente l'émission Spécial investigation sur Canal +).
C'est un thriller mais qui tire plutôt sur de la politique-fiction/esotérisme (nous sommes dans les années 2040).
Dommage que l'ensemble soit un peu trop formaté US avec un volume de 370 pages et... 127 chapitres qui sont très courts. C'est un peu du Dan Brown (Inferno en moins renseigné) mais plus porté sur l'intrigue : je préfère.
Bon rythme, bonne intrigue; l'ennui n'a pas de place dans ce livre.
Un final pas réellement surprenant, mais excellent et finalement logique. Dommage que cela aille presque trop vite à ce moment là.
"La fin du monde était un jour ordinaire" ainsi commence cette diabolique histoire, qui va faire resurgir un secret initié par les Cathares.
Un journaliste français et un policier américain (étasunien) directeur adjoint du FBI enquêtent sur des attentats qui sèment la terreur au Brésil, aux USA, au Japon... Des bombes du "jugement dernier" tant elles sont perfectionnées et d'une effroyable efficacité. L'ONU n'existe plus et est remplacé par une assemblée de gouvernance globale, mais pour le reste, c'est toujours d'actualité. Le délégué étasunien est un certains Dan Brownie...
L'ensemble est prometteur pour un premier ouvrage. Un auteur français à suivre.

Note : 15/20

mardi 21 janvier 2014

Le cercueil des âmes de Ann Rosman

Au cours d'une sortie scolaire, un groupe de collégiens découvre le corps d'une femme décapitée, gisant près de la «pierre du sacrifice», sur les hauteurs de l'île de Marstrand.
Peu de temps après, une tête est retrouvée dans le jardin d'une vieille dame.
En charge de l'enquête, l'inspecteur Karin Adler pense avoir déniché la tête manquante mais les analyses révèlent qu'elle n'appartient pas à la victime. Une tête sur laquelle le tueur a apposé son étrange signature en lui sectionnant le nez...
Ces événements pour le moins mystérieux poussent Karin à partir à la découverte des croyances ancestrales des habitants de l'île. Selon une légende du Moyen Âge, l'âme serait localisée dans l'appendice nasal. Le tueur pourrait-il être un collectionneur d'âmes qui ne s'attacherait qu'à emporter le nez de ses victimes ? Mais dans quel
Secondée par le charmant Johan Lindblom, Karin Adler va devoir s'immerger dans les superstitions de l'île pour déjouer les plans du tueur...



Avis d'un membre du club Rouletabille (Sylvie D.) :

A part beaucoup de noms suédois qui perturbent au début, ce roman est très agréable à lire. On est vite passionné par l'histoire et malgré un livre très épais, on arrive facilement à la fin.

Une fois l'histoire actuelle mise en place, on suit parallèlement une autre histoire qui débute en 1958, tout aussi captivante.

De nos jours, un corps décapité est trouvé sur une pierre ayant servi à des sacrifices dans les temps anciens. Une tête, dont le nez a été enlevé, est trouvée dans un jardin, mais celle-ci n'appartient pas au corps. Cela ne s'arrêtera pas là, et à chaque fois, il y a un lien avec des lieux ayant servies à des sacrifices.
Les policiers seront amenés à creuser l'Histoire sur les rites anciens et sur un procès en sorcellerie qui a eu lieu sur l'île de Marstand.

Note : 14/20

jeudi 16 janvier 2014

La reine de la Baltique de Viveca Sten

Un corps est retrouvé sur une plage de l île de Sandhamn dans l archipel de Stockholm, en pleine saison estivale. L inspecteur Thomas Andreasson de la brigade criminelle de Stockholm est chargé de l enquête. Habitué des lieux, il va se voir proposer une aide inattendue, celle de Nora, son amie d enfance, jeune avocate d une perspicacité redoutable.
L'été vire au cauchemar quand un second cadavre est découvert dans une chambre d hôtel. Et si, désormais, plus personne n était à l abri ? 
L'inspecteur Andreasson, qui croyait tout savoir de sa petite île paradisiaque, n est pas au bout de ses lugubres découvertes...


Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel W.) :

Encore un auteur nordique qui rivalise dans son pays avec Camilla Läckberg. Ce premier roman traduit date de 2008 (Il y en a six de parus en Suède). Ce qui explique le retard quant à cette collection mettant en scène un inspecteur blessé par la vie, son équipe et ses supérieurs, et son ami d'enfance, juriste d'entreprise pour une banque.
Au large de Stockholm, un archipel avec une myriade d'îles et d'îlots (plus de  20000 !!!).
Sandhamn est l'une d'entre-elles avec ses touristes déversés par les nombreuses liaisons maritimes qui relient les îles, ses vieilles résidences et ses célèbres régates plus que centenaires.
L'ensemble constitue un décor paisible, à la manière de Louise Penny dans lequel on ne trouvera pas d"hémoglobine ni de macabre découverte à chaque chapitre. Pas de coup e feu, on préfère la noyade (normal vu le cadre de vie), de la mort aux rats et des secrets de famille.
Polar bien construit avec une bonne intrigue et une enquête menée calmement par des personnages devenant attachants au fil des pages. Ce n'est pas du Camilla Läckberg mais on y retrouve certaines de ses recettes.
On attend la suite des traductions car si l'intrigue est close, les personnages n'en sont qu'au début de leur histoire...
A découvrir sans modération.

Note : 16/20

L'antidote de Raffy Shart

Trois couples sont en route pour une île anglo-normande où les attend Gloria Borand, une star internationale qui, après un long passage à vide, vient de renouer avec le succès. Un producteur hollywoodien et sa femme, un agent londonien et son épouse, critique cinématographique, un metteur en scène parisien et son assistant. Tous sont réunis par un nouveau projet, et tous se réjouissent de renouer avec Gloria, perdue de vue depuis des années. Tous, surtout, ont besoin d'elle pour relancer leurs carrières un peu en perte de vitesse. Mais rien ne se passe comme prévu. À peine sont-ils arrivés au manoir de l'actrice, que l'un d'entre eux tombe mort. Et Gloria leur avoue l'horrible vérité : elle les a tous empoisonnés. Et, s'ils veulent l'antidote, il leur reste une heure pour la convaincre qu'ils méritent de vivre, eux qui ont abandonné Gloria lorsque le succès l'a désertée. Avec cette comédie noire à suspense, hommage à Agatha Christie et au Limier, Raffy Shart, qui fréquente depuis plusieurs décennies le milieu du cinéma, dresse une caricature formidablement jouissive de ce monde sans pitié où les apparences sont toujours sauves.

Avis d'un membre du club Rouletabille (Maryse W.) :

Scénario original mais pas vraiment un polar. Plutôt une étude de mœurs du monde du show-biz avec un dépècement des comportements des milieux artistiques et cinématographiques (producteur, assistant, metteur en scène,...).
Se lit facilement mais ne tient pas particulièrement en haleine. Dans un manoir tous les invités se connaissent et ont travaillé ensemble par le passé lorsque l'un des protagonistes s'effondre... un empoisonnement.

Note : 12/20

Les guetteurs de Ian Rankin

Malcolm Fox et son équipe des Plaintes - la police des polices en Écosse - sont envoyés dans le comté de Fife pour enquêter sur une affaire a priori assez banale d'abus de pouvoir d'un détective local, Paul Carter. Fox cherche à prouver que ses collègues ont tout fait pour le couvrir pendant des années. Le piment de l'affaire, c'est que c'est l'oncle de Carter, un ancien inspecteur dans le même commissariat, qui l'a dénoncé. 
Ce qui s'annonçait comme une simple enquête va se compliquer très vite avec intimidations, dissimulation de preuves et faux témoignages. L'oncle de Carter est assassiné avec une arme qui a une histoire macabre : elle a servi au suicide d'un homme soupçonné de terrorisme en 1985. 
Fox va mener son investigation et se retrouver plongé dans l'histoire politique tourmentée de l'Écosse des années 1980. Ce dont il ne peut se douter, c'est que les réponses qu'il va pêcher dans l'histoire de l'Ecosse le mèneront tout en haut de la hiérarchie politique anglaise et mettront sa vie en danger. 


Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel W.) :

Des guerres d'indépendance de l'Ecosse au référendum de 2014, ce thriller colle à l'actualité. 
A partir d'une simple bavure, puis d'une étrange affaire classée, ce thriller éclaire non seulement des pans de l'Ecosse des années 80, mais aussi le côté obscur de Malcom Fox, un flic discret et solitaire entouré de son équipe des Plaintes : la police des polices en Ecosse.
Le récit, efficace et truffé de dialogues, se déroule dans un climat de tension et de haine. Pas de violence dérangeante ni de passage "hémoglobineux" ou macabre. Le grand nombre de personnages et de pistes ouvertes permet de découvrir de façon instructive le combat des nationalistes écossais. 

Note : 16/20